Association Islamique de l'Ouest de la France

La Grande Mosquée de Nantes Assalam

Construit en trois ans (2009 – 2012), la grande mosquée de Nantes Assalam a atteint pleinement le but recherché par l’ampleur et la majesté de ses proportions, la richesse de ses décors, la splendeur de ses matériaux et l’importance de son rôle cultuel et culturel.

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D’allure contemporaine, largement ouvert sur l’extérieur, le centre fait partie intégrante du grand projet de ville (GPV) et s’inscrit dans la continuité du centre ville. L’édifice comprend deux bâtiments distincts : une mosquée « Mosquée ASSALAM » et un centre culturel « Centre Culturel Abdullah Al Darwish » abritant des salles de cours, une médiathèque, une salle polyvalente, une bibliothèque, une agence de voyage, un restaurant et trois studios pour accueillir conférenciers et invités de passage. Les deux bâtiments sont reliés par une galerie et séparés par un patio à ciel ouvert avec trois bassins à fontaine.

 

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La salle de prière

La salle de prière hypostyle, avec ses 20 colonnes, peut accueillir jusqu’à 1 500 fidèles, dont une aile supérieure décorée en bois exotique réservée à la gente féminine. L’utilisation du bois acajou Sapelli donne de la résonance et sa couleur brun rougeâtre apporte de la chaleur et rend l’espace plus convivial.

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Dans la grande salle de prière, on retrouve le mihrab en bois de cèdre raffinement sculpté en arabesque avec un motif floral. Ce dernier indique la direction sacrée de la Mecque – la qibla – vers laquelle se tourne le fidèle pour prier et qui est l’élément principal dans une mosquée, car elle oriente et conditionne la forme de la salle. Les volumes du bâtiment sont régis par un ordre de symétrie et d’axialité caractérisé par la pureté des formes, la succession hiérarchique des espaces et la clarté des circuits.

L’intérieur de la mosquée

L’intérieur de la mosquée est habillé de Zellige traditionnel, il est constitué de minuscules pièces d’argile, taillées manuellement à l’aide de lourds marteaux (menqach), puis assemblées en mosaïque.  En raison de sa fabrication manuelle, chaque carreau de zellige présente des imperfections qui en font une pièce unique. Les couleurs bleu, blanc cassé, doré et bordeau, sont obtenues à partir d’un mélange de minerai et de silice. Quant au reste du décor, il se limite à l’arabesque, la calligraphie et aux formes abstraites ou géométriques. Ces formes reproductibles à l’infini sur le dôme, sont une allusion à l’infinité du divin. La représentation figurée ne trouve pas sa place dans les mosquées, puisque, dans ces « lieux de prosternation », on adore Dieu et que celui-ci est omniprésent mais ne revêt pas de forme particulière, on ne le représente pas. Dieu est totalement autre.

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La calligraphie

La calligraphie qui occupe une place importante dans la décoration intérieure à travers les versets coraniques et les noms divins sculptés en style Andalusi et Koufi, est l’expression plastique du sacré, tout comme la psalmodie du Coran est son expression musicale.

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Le regard avisé, retrouve un peu partout l’étoile à huit branches. Formée de deux étoiles à quatre branches entrelacées. Elle a été interprétée comme le symbole de Dieu qui est source de toute chose et donc le symbole de la vie. La première étoile à quatre branches représente les quatre points cardinaux et l’étoile suivante représente les directions intermédiaires : nord-ouest, nord-est, sud-ouest, sud-est, signifiant que Dieu est partout.

Le sol

Le sol est couvert d’une moquette personnalisée. Les motifs du Zellige sont inscrits sur toute sa largeur, permettant ainsi aux fidèles de s’aligner correctement lors de l’accomplissement de la prière. Les motifs du Zellige sur la moquette rappellent la continuité et l’harmonie de la conception. Rien n’est laissé au hasard.

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L’architecture

Le bâtiment favorise largement l’éclairage naturel extérieur, les dimensions des châssis vitrés et leurs répartitions ne laissent entrer dans la salle de prière qu’une lumière très douce garantissant aux croyants une certaine quiétude dans l’accomplissement de leurs devoirs religieux, après le stress d’une journée de travail. L’éclairage est renforcé par des luminaires, un lustre en cristal authentique finement taillé complète l’ornementation jouant ainsi un rôle important dans l’ambiance et la décoration de la salle. Grâce à son style élégant et gracieux, ce dernier s’intègre facilement avec les autres éléments de décoration, alliant charme et harmonie.

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Le confort du lieu

Le confort du lieu passe aussi par la température ambiante et la qualité de l’air, à ce titre le choix de la Ventilation Mécanique Contrôlée  « VMC » double flux est un bon compromis. Cette technologie utilise la chaleur présente dans l’air de l’habitat afin de chauffer l’air neuf venant de l’extérieur. L’air neuf est donc filtré et chauffé à moindre coût, permettant ainsi une meilleure hygiène et une importante économie d’énergie.

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Le dôme

De l’extérieur, le dôme haut de 14 mètres est porté par une structure de bois lamellé-collé hautement résistante, celle-ci est habillée d’une couverture métallique à base de substrat quartz zinc de la gamme PIGMONTO vert, qui change de couleurs au gré de la luminosité. Avec son volume imposant, le dôme est un élément majeur de l’architecture islamique, même si son rôle purement liturgique dans le contexte d’une mosquée est assez limité, il est utilisé à la fois pour signaler la salle de prière depuis l’extérieur et pour lui fournir du volume, de la sonorité et de la lumière de l’intérieur.

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Le dôme, présente aussi l’avantage d’éviter la multiplication des colonnes et donne ainsi de la grandeur et de la majesté au lieu. Il correspond  à un symbolisme cosmique : il représente la voûte céleste. Mais l’élément le plus visible de la mosquée est certainement le minaret – de manâra, « endroit où brille la lumière » où jadis il permettait au muezzin de faire l’appel à la prière indiquant ainsi que le lieu est public. Haut de 17 mètres, le minaret est constitué d’un voile de béton habillé de lame de verre, équipé d’un écran plasma et coiffé d’un croissant de lune.

L’extérieur de la mosquée

Quand on se promène dans le parc de La Roche ou à proximité, il est facile de voir le grandiose.

Choisir le granit pour habiller les murs c’est opter pour l’éternité et le prestige. C’est un art du quotidien, visible par tous, il n’a pas d’autre but que celui d’enjoliver une rue, un bâtiment, rendant ainsi la ville bien plus agréable à vivre.

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La mosquée et le centre culturel sont séparés par un patio d’agrément, dédié à la détente. Cette plate forme parquetée avec ses trois bassins et ses fontaines jaillissantes apporte de la fraîcheur et participe par évaporation à la climatisation naturelle de la cour pendant les périodes de canicule. Le Jardinage du patio se compose de plantes aromatiques et médicinales telles : la santoline, le basilic et le romarin, ainsi le patio, devient plus qu’un lieu de passage, un lieu de rencontre avec un rôle fonctionnel et social à la fois.

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Une institution sociale

La mosquée Assalam, n’échappe pas à son temps. Dans sa conception, sa gestion et son organisation, elle se professionnalise. La multiplication des bureaux administratifs et des activités annexes, témoignent de ce changement. La mosquée est aussi un lieu de rassemblement et de convivialité, c’est une institution sociale.

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La mosquée est flanquée d’un centre culturel, car son rayonnement va au-delà de la simple fonction religieuse. C’est dans et autour de la mosquée que continue à se construire l’idéal citoyen. Les deux bâtiments cultuel et culturel sont délimités par un patio, afin de bien différencier les activités cultuelles des activités culturelles et donner de la clarté au service du vivre ensemble.

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Le centre culturel Abdullah Al Darwish, outre sa fonction essentielle de lieu de culture et d’enseignement, il est un espace de vie, un lieu d’échange ouvert à un large public avec la vocation de s’articuler avec d’autres espaces du vivre ensemble, permettant aux musulmans, et aux non musulmans, de se reconnaître dans cet édifice et d’être attirés à le fréquenter.

Enfin, ce projet de part son niveau de représentativité, il est amené à devenir un lieu majeur du paysage nantais de portée symbolique, lieu référent au sein de la ville et de la région.