La grande bataille de Badr
. le 17 ramadan de l'an 2 hégire
La grande bataille de Badr:
Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — mit de l’ordre dans les rangs des Musulmans face à l’armée de Quraysh. Lorsqu’il vit le nombre important des Qurayshites comparé au faible nombre de ses hommes, et le peu d’équipement dont ils disposaient comparé aux équipements des Qurayshites, il retourna à sa cabane en compagnie d’Abû Bakr. Il s’orienta vers la Qiblah et pria : « Seigneur, voici Quraysh venue en grande pompe pour tenter de démentir Ton Messager. Seigneur, je Te demande la victoire que Tu m’as promise. Ô Allâh, si ce petit groupe de fidèles venait à périr, nul ne T’adorerait sur terre. » Il continua à implorer son Seigneur levant les mains en direction de la Qiblah tant et si bien que sa cape tomba à terre. Abû Bakr la ramassa et la remit sur ses épaules. Se tenant derrière lui, il dit : « Ô Prophète de Dieu, tu as assez imploré ton Seigneur. Il réalisera ce qu’Il t’a promis. » 1
Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — s’assoupit brièvement dans la cabane et s’éveilla disant : « Bonne nouvelle, ô Abû Bakr ! Voici venu le secours de Dieu. » Puis il sortit haranguer les gens disant : « Par Celui Qui detient l’âme de Mohammad, tout homme qui mourra au combat en étant patient, en ayant voué son combat à Dieu et en n’ayant pas tourné le dos à l’ennemi, Dieu l’admettra au paradis... » 2 Sur ce, les Musulmans concentrèrent leurs efforts sur les notables et les chefs de Quraysh afin de les éradiquer, en juste salaire de la torture et de la persécution qu’ils leur avaient fait subir à La Mecque, et pour les avoir chassés de la Mosquée Sacrée et tenté de les détourner de leur religion par la force. Ainsi Bilâl vit-il Umayyah Ibn Khalaf, celui-là même qui lui avait fait goûté la torture sous toutes ses formes à La Mecque ; il s’écria alors : « Umayyah Ibn Khalaf, puissé-je périr s’il s’en sort ! » Il ne cessa de le combattre jusqu’à ce qu’il eut triomphé de lui. De même, Mu`âdh Ibn `Amr Ibn Al-Jamûh tua Abû Jahl. Le combat redoubla d’intensité ; les Musulmans scandaient : « Ahadun Ahad » (Dieu est Un ! Dieu est Un !), cette parole éternelle que Bilâl répétait jadis sous la torture. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — saisit une poignée de sable et se tourna vers Quraysh disant : « Moches soient vos visages ! » Il jeta le sable en leur direction et donna l’ordre à ses compagnons d’attaquer de plus belle.
La victoire fut du côté des Musulmans. Les Qurayshites battirent en retraite laissant derrière eux de nombreux morts parmi leurs chefs et de nombreux prisonniers. Les Musulmans, quant à eux, restèrent à Badr jusqu’à la fin de la journée heureux du secours divin. Puis ils rassemblèrent les morts de Quraysh et creusèrent une fosse où ils les inhumèrent. Debout, le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — dit : « Ô gens de la fosse, ce que votre Seigneur vous avait promis s’est-il avéré vrai ? Car ce que mon Seigneur m’a promis s’est avéré vrai ! » Ses compagnons lui dirent : « Ô Messager de Dieu, t’adresses-tu à des gens qui sont passés à trépas ? » Il répondit : « Vous n’êtes point meilleurs entendeurs de mes paroles qu’ils ne le sont, c’est simplement qu’ils ne sont pas en mesure de répondre. » 3
Le lendemain matin, le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — ordonna aux gens de remettre tout le butin qui était en leur possession, et qu’on le porte jusqu’à ce qu’il eut décidé de ce qu’on allait en faire, ou que la décision vienne de Dieu.
Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — chargea `Abd Allâh Ibn Rawâhah et Zayd Ibn Hârithah de porter la bonne nouvelle de la victoire aux habitants de Médine. `Abd Allâh y arriva par le Nord, tandis que Zayd entra dans la ville par le Sud annonçant la victoire accordée par Dieu aux Musulmans. La joie fut immense, mais était légèrement ternie par un sentiment de tristesse. Il se trouva en effet que les Musulmans venaient d’enterrer Dame Ruqayyah, la fille du Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —, décédée des suites d’une maladie. Son époux, `Uthmân Ibn `Affân, avait été autorisé par le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — à ne pas prendre part à la bataille de Badr et à rester au chevet de son épouse — que Dieu l’agrée.
Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — se mit en route pour Medine. Il s’arrêta en cours de route et répartit le butin à égalité de parts entre tous ceux qui avaient participé à la bataille de Badr. Il réserva une part à Talhah Ibn `Ubayd Allâh et Sa`îd Ibn Zayd qu’il avait envoyés quérir des nouvelles de la caravane d’Abû Sufyân et avait dû partir vers Badr sans les attendre. Il réserva également une part à `Uthmân Ibn `Affân qui était resté au chevet de son épouse Ruqayyah. Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — réserva à ces trois hommes le même traitement que ceux qui avaient pris part à la bataille et une rétribution équivalente auprès de Dieu. De même, il préserva la part des héritiers des hommes tombés à Badr en martyrs. P.-S. Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yâsîn Rushdî, Fî Rihâb Al-Mustafâ (En Compagnie de l’Élu)
Notes
1 Rapporté par Ahmad dans le Musnad des dix, et par Muslim dans le livre du Jihâd et des biographies
2 Conférer la Sirah d’Ibn Hishâm.
3 Rapporté par Ahmad dans la suite du Musnad des Ansâr et par An-Nasâ’î dans le livre des funérailles.










