ENTRE L’ORIENT ET L’OCCIDENT (2ème partie)
ENTRE L’ORIENT ET L’OCCIDENT (2ème partie)
ENTRE L’ORIENT ET L’OCCIDENT (2ème partie)
Quant à l’occident, il commença à s’éveiller à l’époque de la Renaissance – l’Occident pour des raisons connus se détourna de l’homme véritable pour se pencher sur sa structure physique extérieure ou sur ce qui l’entourait ; il négligea l’âme humaine pour se tourner vers l’univers.
L’Occident commença à avancer à grands pas dans le domaine des sciences naturelles découvrant l’un après l’autre les secrets de la nature, passant d’un succès à l’autre jusqu'à atteindre son niveau actuel de culture impensable dans le passé. Par ces ressources et ces richesses si abondante et d’une rapidité si étonnante que même en quantité moindre, elles auraient largement suffi à assurer le bien être de toute l’humanité, l’établissement de la paix dans le monde, la sécurité et la sérénité intérieures : elles auraient suffi pour que se réponde l’amour et que s’instaure l’unité, l’entente et la coopération entre les différentes branches de la famille humaine. Les barrières qui séparent les hommes auraient pu être abattues et les hommes auraient pu ainsi tendre une main bienveillante et secourable à tous les êtres humains disséminés sur la terre jusqu’au endroits les plus reculés du monde ; ils auraient pu résister au méchant et aider la victime, nourrir l’affamé et secourir le blessé car tout ces obstacles venus de l’ignorance et de la faiblesse de l’homme et qui avaient été son tournement dans le passé, avaient disparu.
Toutes sortes de machines avaient été fabriquées en vue d’aider l’homme à réaliser ses objectifs aussi rapidement que possible ; aucune excuse n’était laissé désormais à celui qui prétend rechercher la vertu, aimer l’humanité et instaurer la paix – que ce soit un individu, une société ou un Etat. Ces ressources étaient suffisantes pour transformer ce monde si plein de maux et de dangers en un paradis où n’existeraient plus ni le souci, ni la peur, ni le chagrin, ni inimitié, ni la pauvreté, ni la maladie.
Ceci s’est-il réalisé ? Sommes-nous débarrassés de la peur de l’anxiété ? La pauvreté et la misère ont-elles disparu ? Le mal et la tyrannie ont-ils cessé d’exister ? La paix et la fraternité prévalent-elles ? La confiance s’est-elle répandue ? Le spectre de la guerre nous a-t-il quittés ?
La réponse n’est pas un secret et ne demande pas une intelligence extraordinaire. La cause de tous ces malheurs est dans l’homme lui-même qui n’a pas pu marcher avec le progrès des sciences. Ses intentions, ses tendances et ses inclinations n’ont pas fait le progrès accompli par les instruments et les machines. On peut même dire que les sciences ont progressé au prix de l’homme et de ses mœurs, au prix de son âme et de son cœur. C’est parce que l’Occident a limité toute son activité, consacré toute son intelligence et toute sa volonté au monde extérieur, qu’il lui a consacré tout ses efforts, se désintéressant de l’« homme » qui est l’âme même de l’univers et le chef-d’œuvre de la création.
Hélas ! l’Occident n’a pas pu dégager la source d’inspiration qui guide l’homme vers le bien : son cœur, car il a perdu la clé qui en ouvre le verrou. Malgré leurs industries impressionnantes, leurs production d’une haute précision, l’Occident est incapable d’ouvrir ou de briser ce verrou, car ce n’est pas le verrou d’une banque ou d’une usine ; c’est un verrou humain et la seule clé qui puisse lui être appliquée, c’est la « Foi » - cette clé que l’humanité a reçu des prophètes a été perdu ou est enfouie sous les lourds fardeaux de la civilisation moderne ou les ruines des vieux centres religieux. C’est le malheur de l’humanité que cette séparation de l’Orient et de l’Occident, cette séparation de la connaissance et de la foi, séparation responsable du calvaire que traverse l’humanité. Alors que la Foi continue d’attendre la compagnie de la science et que la science attend immobile le moment où elle s’abandonnera aux directives de la Foi. L’humanité, elle, attend qu’elles s’unissent et collaborent en vue de créer une nouvelle civilisation, sachant que sans cette bienheureuse collaboration, on ne peut espérer de paix et de véritable bonheur.
Il est encore possible grâce à la foi de résoudre tous les problèmes qui se présentent à la civilisation actuelle, accorder un nouveau bail à cette civilisation en lui donnant un message nouveau et de nouveaux objectifs vers lesquels elle pourra orienter ses ressources et ses institutions, sa science et sa technologie. On peut ainsi arriver à de magnifiques réalisations et parvenir à créer une société nouvelle conçue pour le plus grand intérêt de l’humanité, cette société à laquelle aspire notre époque.
« Une lumière et un livre explicite vous sont certes venu de Dieu. (Livre) par lequel Dieu guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière par sa grâce. Et Il les guide vers un droit chemin. » Coran 5/15-16
Cet article est le résumé d’une conférence donnée en arabe, le 11 octobre 1963, à l’Université de London Union, par le Dr Abul Hassan Ali Nadawi.










